 | FOCUS : DEATH SENTENCE de James Wan (2008)
Autant vous dire de suite que ce film alors qu'il n'était encore que dans ses prémices faisait baver plus d'un fan de Charles Bronson, car derrière l'histoire de ce troisième film de James Wan ("Saw", Dead Silence), il y a l'écrivain, Brian Garfield, auteur de Death wish, le livre qui donna le film matrice du vigilante movie, ce chef d'œuvre crépusculaire réalisé par Michael Winner, qui 30 ans après fait encore froid dans le dos pour sa vision de l'engrenage de la violence (et de la vengeance). Vaut mieux tard que jamais "Death Sentence" est sorti la semaine dernière dans votre video-club preferé.
Un peu d'histoire : Kevin Bacon est un père de famille comblé (une jolie femme et deux fils en plein adolescence) et a un bon boulot, une nuit, alors qu'il fait le plein d'essence et que son fils s'achète un soda, un gang braque la station service et tue son fils lors d'un rite initiatique. Etant le seul témoin du meurtre, Kevin se rend vite compte que la justice ne sera pas aussi sévère qu'il aurait aimé avec le tueur. Il décide de faire justice lui même. Mais le sang appelant le sang, Kevin Bacon et sa famille vont se retrouver au milieu d'un tourbillon de violence sans fin.
Plus qu'un simple vigilante bas du front, "Death Sentence" est plutôt le versant masculin et bis du récent et très bon "A vif" de Neil Jordan, soit un film autant réflexif que bourrin. S'ajoute à ça, un joli bagage référentiel, le film est un hommage sérieux aux polars 70-80's dur à cuir, James Wan citant "Maniac Cop" de William Lustig avec un plaisir évident autant que un "Un citoyen se rebella" de Enzo G. Castellari ou plus improbable "les guerriers de la nuit" de Walter Hill ou le justicier de New York de Michael Winner avec Bronson pour le look des bad guys, soit un cocktail mutant qui vous explose à la figure plus d'une fois.
Rien de mieux pour se mettre votre serviteur dans sa poche.
Il était temps qu'un jeune réal redonne un peu de souffre au polar US, autant au niveau de la forme que de ses thématiques. James Wan réussit son pari haut la main en enveloppant son histoire d'une mise en scène à couper le souffle, certaines scènes vous scotchant littéralement le cul à votre siège, la scène de la poursuite dans le parking en plan séquence étant une des plus étouffante et tendu vu depuis longtemps.
Niveau casting c'est un sans faute et autant dire qu'à l'heure du retour des moustachus justiciers comme Chuck Norris ou du summum cinématographique Nanard d'un Steven Seagal, James Wan se devait de choisir avec intelligence son interprète principale pour ne pas voir son film finir direct dans les bacs des soldeurs, Kevin Bacon premier choix de James Wan est un grand choix, sensible et impitoyable, il crée immédiatement l'identification nécessaire pour faire avancer le spectateur avec lui dans les terrains obscurs de la violence. Face à lui en miroir parental trash, l'énorme John Goodman fait aussi des étincelles.
Bon évidemment "Death Sentence" n'est pas exempt de scories, premier problème la musique de Charlie Clouser (ex- NIN ou Prong) qui tire vers le bas nombre de scènes d'intimité et d'émotion, clichée au possible avec ses petites notes de piano ou ses chansons pop pourries, elle est d'autant plus fatigante qu'on sent James Wan un peu moins à l'aise dans ces moments là. Par dommage collatéral le final ne s'en remet pas et n'est pas aussi puissant qu'il aurait pu être.
Mais bon je vais pas cracher dans la soupe surtout quand elle est autant à mon gout.
Avec à peine trois film à son actif, James Wan se détache enfin des gimmicks à la Saw qui pouvait encore plomber son intéressant "Dead Silence", il se place ainsi comme un futur grand du cinéma de genre, manque plus qu'a lui trouver un compositeur à hauteur de son talent (Howard Shore ou David Julyan seraient pas mal) et la prochaine livraison sera parfaite.
Note : 4/6
Sébastien Auger (JM Team)
Publié le 20 juillet 2008 |
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