 | Retour sur : "JEANNE D'ARC" de Luc Besson (1999)Depuis l’année de grâce 1985 où mon professeur de CM1 me parla de Jeanne d’Arc, mon intérêt pour la pucelle de Donrémy n’a cessé d’augmenter jusqu’à se muer lentement en véritable passion. Aujourd’hui plus que jamais. Parce que ma mie la joue merveilleusement dans le château Vendéen de Gilles de Rais durant l’été, bien sûr, mais aussi parce qu’a bien y repenser, dans le genre enthousiasme débordant, passion excessive, Jeanne d’Arc était tout de même la reine ancestrale des Geeks. Alors quand, un jour de pluie, fouinant chez JM, je tombe sur la jaquette du film de Luc Besson, je me suis dit « pourquoi pas ? » bien que l’ayant vu et détesté 11 ans auparavant. Le choc n’en fut que plus grand. Car oui, chers visiteurs, j’ai aimé, voire beaucoup aimé la revoyure du dernier film « live » (Hors Minimoys) de Luc Besson. Ouah, j’ai écrit ça, moi-même j’en reviens pas.

Si j’étais le père Luc et que ce film là avait été accueillit tel qu’il fut accueillit par une presse française joliment indifférente, et par les avis incendiaires d’un public consterné (dont je faisais parti, je le resouligne) j’aurais une de ces boules... Peut être pas au point de produire des YAMAKASI, WASABI et TAXI en guise de vengeance, mais sérieux, il y a de quoi se poser des questions sur son métier lorsqu’on vous crache autant à la gueule.

"Il a dit que tu jouais moins bien que Jean Réno..."
Non pas que JEANNE D’ARC soit parfait, loin de là. Séquence de trauma imaginaire absolument débile et insoutenable, utilisation parfois limite des sfx (l’ange reconstitué en morceau de vitraux de synthèse, sympa la playstation), erreur de casting flagrantes (Pascal Gregory si tu nous lis…) et choix historiques dommageables (Gilles de Ray est notamment traité par-dessus la jambe), le film comporte certes ses tares mais ce n’est franchement rien par rapport à ses qualités et là, la liste est longue, principalement due à la pass de Besson pour sa femme et son sujet et sans doute le désir profond de faire un premier vrai grand film classique. De ceux qui vous émerveille et vous marque enfant. De ceux à nourrir des vocations.
Les influences derrière JEANNE d’ARC sont nombreuses mais assumées et digérées, BRAVEHEART évidemment, référence absolue en termes de film épique, mais également de LA DERNIERE TENTATION DU CHRIST de Scorsese pour toute la partie du procès et la réflexion sur le rôle du martyr. Besson a l’intelligence (ouah, mes doigts tremblent) de ne pas tenter de surpasser ses modèles lors des séquences clés (les discours devant la foule notamment, plutôt plats par rapport au Gibson) mais s’efforce de les aborder sous un angle différent, plus sensible et fiévreux, à l’image de celle dont il raconte le destin tragique. La mise en scène, tout en grands mouvements et mise en valeur par un montage frôlant la perfection, atteint en de nombreux instants de véritables sommets : la première séquence, la deuxième partie de l’attaque d’Orléans, les séquences explicatives autours de Charles VII sont assez fabuleuses.
Eric Serra, dont le travail irrite les oreilles les plus tolérantes, se met à l’avenant de son comparse de l’image et signe de loin sa meilleure partition pour Luc Besson.

"C'est toi Princesse Leïa ? Et lui c'est George Lucas ? J'ai bon ? "
Quand à Milla Jovovitch dans le rôle titre, autant je l’avais trouvé mauvaise à pleurer dans la VF(j’étais allé voir un Besson en VF presque machinalement) mais en V.O, virage complet, la demoiselle m’est apparut absolument excellente, du moins par rapport à ce que le scénario et le point de vue sur le personnage, lui demandaient. Les différentes couleurs de sa palette, allant de la candeur juvénile à l’irritabilité, son désir obsessionnel d’être digne de sa mission puis la résignation, l’acceptation dans la dernière partie du film de son destin de martyr, m’ont juste bluffé. Beau boulot pour ce qui restera à n’en point douter, vu la filmo gratinée de la demoiselle, le rôle de sa vie. Le miracle du filmage via les yeux de l’amour ? Peut être bien mais ça brille joliment tout ça.
Concernant l’apparition discutable de Dustin Hoffman, si on n’osera commenter la prestation toujours parfaite de l’acteur, il est peut être dommage que Besson ait choisi une telle figure du 7eme art pour incarner la figure divine. Car ce qui aurait pu passer pour une bonne idée n’a pour effet que de nous faire gentiment décrocher de ce qui se passe malgré la brillance des dialogues et de leur teneur.
 "A vous figurants déçus de VERCINGETORIX, suivez moi !"
Au final, rien de moins que l’un des plus ambitieux films de notre cinéma frenchy depuis des plombes, à l’aura certes entachée par quelques fautes de goûts et par les rumeurs ayant accompagné sa mise en chantier (En gros Luc aurait piqué le scénar et les grandes lignes du futur film à Kathryn Bigelow qui voulait Mira Sorvino dans le rôle titre). Mais franchement dix ans plus tard, la seule chose qui reste c’est un putain de beau film. Imparfait mais puissant.
C’est bon, lâchez les chiens !
David HOURREGUE
Publié le 09 août 2008 |
Commentaires
Posté par DOUBRERES Le 27/09/2008
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2 Questions : dans ce film, une horde de chiens accompagne l'attaque anglaise du village de Jeanne d'Arc et ils s'acharnent à dévorer les victimes. Est-ce une réalité hstorique ou cela permet-il de rajouter de l'horreur ? Un soldat français menace de fracasser la tête d'un prisonnier anglais pour récupérer ses "bonnes dents" et Jeanne d'Arc intervient en sa faveur. Qu'aurait-il pu en faire ? Merci de me répondre !