4 ans après le convoyeur, Nicolas Boukhrief était attendu au tournant et autant dire qu’avec « Cortex », il valide nos attentes avec bonheur.
Cette histoire d’un flic à la retraite ,atteint de la maladie d’Alzheimer, essayant de mener une enquête sur les disparitions étranges de ses compagnons de clinique, permet à Boukhrief de développer toute l’intelligence de mise en scène qu’on avait pu apercevoir dans Le convoyeur mais cette fois ci avec plus d’homogénéité.
Boukhrief crée un véritable film cerveau où le polar devient un jeu de piste labyrinthique avec en son centre un Sherlock Holmes grabataire victime de trou de mémoire. On nage très rapidement dans des eaux rares et noires du polar français, on pense souvent pendant Cortex au cinéma de Brad Anderson ou à Memento de Christopher Nolan et par la façon dont André Dussolier hante le film et comment Boukhrief le filme, on pense au héros vieillissant Eastwoodien de Créance de sang, ce type de héros que personne ne prend plus au sérieux mais qui a encore plus d’un tour dans son sac.
Dans ce sens la punch-line finale est hyper jouissive et donne envie de revoir CORTEX dans de nouvelles aventures. Effet rare dans le polar français, dû à la volonté de Boukhrief de ne pas masquer le film de genre derrière un pseudo auteurisme pompeux, le cinéaste se fait plaisir tout en nous faisant plaisir, et ça c’est du vrai cinéma !
entre autre.