"SWEENEY TODD" de Tim Burton : Priez pour vos gorges !

Avant toute chose, sachez que votre serviteur ne goûte que bien peu la soupe habituellement servie par Tim Burton et certainement pas celles lui ayant valu sa plus grande reconnaissance en tant qu’auteur à commencer par PEE WEE, EDWARD AUX MAINS D’ARGENT, MARS ATTACK ou encore BATMAN II LE DEFI. En effet, le meilleur ami de Johnny Depp, fait partie de ces réalisateurs au langage cinématographique si marqué, dont je préfère toujours voir le talent mis sous tutelle d’un grand studio à l’instar d’un De Palma pour son UNTOUCHABLES (même si l’un possède un véritable univers qu’il décline à foison et l’autre un sens de la narration filmique qui rend son style immédiatement identifiable). Je lui reconnais cependant trois incontestables chef d’œuvre BATMAN premier du nom, plus premier degré que sa suite, plus franche du collier aussi, ED WOOD, Bela Lugosi forever et… SWEENEY TODD.

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Ça commence pourtant plutôt mal avec un générique tout SFX parmi les plus laids qu’il m’ait été donné de voir, à égalité avec celui tout vert et à la typo informe d’INTO THE WILD. On se dit alors qu’on est parti pour un festival de toc sans âme dans la droite lignée d’un CHARLIE ET LA CHOCOLATERIE à l’origine de la première crise d’épilepsie de ma vie.

La suite prend pourtant le contre-pied total de cette ouverture.

Jamais nous n’avions vu Londres dans un tel état de décadence visuelle et morale. Découvrant la capitale britannique à travers le regard empli de haine d’un Sweeney Todd obsédé par sa quête de vengeance, on comprend alors tout de suite que le sang va couler. Mais on est loin d’imaginer à quel point. Trouvant une aide précieuse en une faiseuse de tourtes immangeables (Helena Bonham Carter, dans un rôle de Martha Singer du 18eme siècle), Sweeney élabore un plan qui, sans surprendre les malades de films déviants que nous sommes pour la plupart, sera illustré avec une violence et une maestria inouie par son réalisateur.

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Le principe même du film, ses chants guillerets quasi constant illustrant la valse des gorges tranchées, déconcertera, choquera peut être. Son manque d’ironie aussi. Ce fut pour ma part, un émerveillement quasi constant. J’apprécie le second degré dans la vie, mais au cinéma et d’autant plus dans un revenge movie, sa présence m’indispose franchement.

Incarnant l’ennemi du barbier avec sa classe habituelle, Alan Rickman justifierait presque à lui seul d’aller voir ce film si ce n’était la prestation, absolument exceptionnelle de Johnny Depp qu’on n’avait pas vu aussi bon et aussi investi depuis… Ed Wood, tiens. Plein d’une rage contenue, le mec à Vanessa dégage une puissance assez stupéfiante malgré son look ultra marqué. Ajoutez à cela l’apparition hilarante de Sacha Baron Cohen et un final à faire sortir Terence Fisher de sa tombe, en tout point fabuleux, et vous obtenez un espèce d’opéra estampillé HAMMER, proche en ce sens du déjà fameux SLEEPY HOLLOW, à découvrir de toute urgence, de préférence, pour les parisiens, au MAXLINDER en projection numérique.

Mr Burton, l’âge vous va bien !

David HOURREGUE
JM VIDEO


Publié le 10 août 2008

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