London to brighton
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Date de sortie : 10 avril 2008
Support : DVD
Genre : Dramatique
Réalisateur : Paul Andrew Williams
Acteur(s) : Lorraine Stanley, Johnny Harris, Sam Spruell, Georgia Groome
Synopsis : Londres, 3h07 du matin, Joanne et Kelly se réfugient en sanglots dans les toilettes délabrées d’une gare : elles viennent de tuer Duncan Allen, un riche et pervers boss de la pègre qui avait payé pour passer la nuit avec la toute jeune Joanne. Derek, le proxénète de Kelly, menacé de mort par le fils de Duncan, doit à tout prix retrouver les deux filles pour sauver sa peau. La seule issue pour Joanne et Kelly semble être celle de monter dans un train en direction de Brighton...
Critiques : Réalisme poétique : un modèle du genre
Pour son premier court métrage, Paul Andrew Williams se pose en digne héritier de Ken Loach, et nous offre du pur cinéma réaliste britannique. Voici une belle peinture des bas fonds londoniens mêlant prostituée, fugueuse, petite frappe et magnat de la pègre.
Mais London to Brighton est avant tout l’histoire d’une fuite désespérée vers un ailleurs improbable. Alternant entre présent et flashback, le film commence in medias res dans la glauquitude des toilettes d’une gare. La construction est rythmée, et soutenue par un cadrage caméra à l’épaule. On sent ici un vrai souffle tantôt réaliste, tantôt poétique qui donne toute sa valeur à cette histoire sordide certes, mais malheureusement banale. Notons ici la qualité du plan des gobelets volant sur la plage, et l’utilisation sublime et décalée de la Sonate au clair de lune.
L’opposition entre London et Brighton est elle est mise en relief par un vrai travail sur la lumière : à l’obscurité des quartiers londoniens succède la clarté des plages de Brighton. Les acteurs sont quant à eux tous étonnants de vérité, à tel point qu’on les croirait directement issus du milieu dépeint, comme ceux de Ken Loach. Il n’en est rien : Georgia Groome du haut de ses 14 ans a déjà une impressionante carrière télé derrière elle, et nous offre ici une véritable performance sur le thème de la perte de l’innocence. Lorraine Stanley, Johnny Harris et Sam Spruell sont pour leur part tous des comédiens de théâtre chevronnés. C’est donc un casting irréprochable qui porte ces personnages poussés à bout, à la fois menaçants et menacés.
London to Brighton est une oeuvre toute en tension et d’une sensibilité à fleur de peau. En signant ce film, Williams n’apparaît donc pas seulement comme le digne héritier de Ken Loach. Il devient aussi une figure de proue du courant réaliste européen de ces dernière années, où se mêlent anglais, espagnols (Aranoa, Bollaín) et allemands (Buck). Un courant qui n’a malheureusement pas trouvé de chef de file digne de ce nom en France. Alors un conseil : voir London to Brighton, et si affinités, attaquer Princesas, Te Doy Mis Ojos, et Les Enragés.
Anne-Christine Caro
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