Assassinat de jesse james par le lache robert ford
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Date de sortie : 17 avril 2008
Support : DVD
Genre : Western
Réalisateur : Andrew Dominik
Acteur(s) : Brad Pitt, Casey Affleck, Sam Shepard, Mary Louise Parker...
Synopsis : Vous connaissiez la légende de Jesse James, le tireur le plus rapide de l'Ouest ; voici sa véritable histoire, avec Brad Pitt et Casey Affleck dans les rôles principaux. Tout en préparant son prochain hold-up, le charismatique et imprévisible desperado se lance dans une guerre sans merci contre ceux qui se sont mis en tête de se couvrir d'argent - et de gloire - en lui trouant la peau. Mais la vraie menace pourrait bien venir de ses propres rangs, plus précisément de ce jeune flingueur (Casey Affleck) qui vient de rejoindre son gang et dont l'admiration se teinte de jalousie…
Critiques : Once upon a time in the west…
1881. Il était une fois une jeune nation assoiffée de figures mythiques qui lui offriraient enfin une identité.
Il était une fois Jesse James, bandit et héros rocambolesque de ce continent nouveau-né. Il était une fois Robert Ford, jeune homme sensible ébloui par un astre bien trop brillant pour lui.
Comment montrer la chute et la mort d’une icône silencieuse ? Comment filmer l’agonie d’une étoile ? La réponse se trouve incontestablement dans les pas d’Andrew Dominik. Habité par son sujet, le réalisateur se mue en conteur et nous entraîne par les sens dans un drame psychologique multiple et envoûtant.
Envoûtant… comme le personnage étrange et pénétrant qu’il dépeint : un homme au charisme puissant, mais dépressif et glaçant (faut-il souligner la sobre et étonnante performance de Pitt ?). Intrigant comme l’étrange Robert Ford, transcendé par un Casey Affleck qui n’en finit pas de se révéler, ici en miroir brisé de Jesse James. Fascinant comme ce duo d’ombres dont les yeux clairs s’observent et se répondent en silence…
Et l’on marche, hypnotisés, à la suite de ces brigands rongés par la peur, la violence et la paranoïa. Et l’on se surprend à regarder derrière leur épaule, inquiets, guettant nous aussi le colt d’un Jesse James vengeur, trahi. Redécouvrant le mythe du « héros », on plonge dans le regard de la bête traquée, de l’ombre silencieuse admirée et redoutée, du spectre d’un roi qui ne supporte plus sa couronne.
Mythologie moderne et rêves de gloire, icône assassinée et disciple broyé, promenons-nous dans la légende, éblouis par la superbe photo de Roger Deakins (fidèle acolyte des Frères Coen). On entrevoit même Terrence Malick et Clint Eastwood se pencher et chuchoter à l’oreille de Dominik, enveloppés par la bande-son planante de Nick Cave.
Fascination et tension montent et s’envolent jusqu’au moment attendu et redouté, dans une déchirante scène de suicide assassiné, aussi puissante et résonnante que la mort du traître sera étouffée.
Le roi est mort, vive le roi.
Eléonore Guerra
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