Invasion

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Date de sortie : 24 avril 2008
Support : DVD
Genre : Science Fiction
Réalisateur : Oliver Hirschbiegel
Acteur(s) : Nicole Kidman, Daniel Craig, Jeremy Northam
Synopsis : Une immense explosion embrase le ciel, de Dallas à Washington, répandant sur des milliers de kilomètres carrés les restes de la navette spatiale Patriot. Les autorités prennent rapidement la situation en main, mais d'étranges rumeurs ne tardent pas à circuler : on aurait trouvé, collée aux fragments de l'engin, une matière inconnue, hautement toxique, capable de résister à des températures extrêmes. Et les premiers à entrer en contact avec elle n'auraient plus d'humain que l'apparence...
Mais pas question de déclencher la panique pour autant.
Quelque temps après le crash, Carol assiste à une vague de phénomènes aberrants. Une de ses patientes se plaint, par exemple, qu'on lui a "changé" son mari. Simple délire ? Mais pourquoi tant de gens à travers le pays en sont-ils affectés ? Et pourquoi les rues des villes sont-elles devenues si paisibles, comme si personne n'osait plus s'énerver ? Plus inquiétant : Oliver, le jeune fils de Carol, ramène le jour d'Halloween un sucre d'orge enduit d'une matière inconnue... et vivante !
Carol alerte son ami et collègue Ben Driscoll avant de confier Oliver à son ex-mari, Tucker, haut responsable du Centre de Contrôle des Maladies venu enquêter sur les conséquences sanitaires du crash.
L'épidémie se répand à toute allure à travers le pays, et Carol découvre que les autorités, loin de la juguler, la favorisent en inoculant à des milliers de gens une spore d'origine inconnue qui altère leur ADN durant le sommeil, ne leur laissant que leur enveloppe charnelle, vide d'émotions et de sentiments. Autour d'elle, Carol voit émerger un ordre nouveau, aussi hiérarchisé qu'une ruche, et surgir des milliers de "body snatchers" n'aspirant qu'à infecter le genre humain et à s'en assurer le contrôle.
Luttant désespérément contre le sommeil, Carol se lance à la recherche d'Oliver, ultime espoir de stopper l'invasion grâce à son système immunitaire. Entourée de "snatchers", elle devra feindre un calme parfait, refouler toutes ses émotions.
Et ne jamais fermer l'œil...
Critiques : Un film qui vous rend zombie…
Quand un thriller S.F. n’offre pas une once de suspense ou d’angoisse, c’est que quelque chose cloche. Le scénario, certes prévisible, n’est pas forcément à plaindre. Avec une histoire pourtant idéale à exploiter pour faire un « bon » film commercial, on se demande ce qui a pu se passer. La production a par ailleurs fait modifier le scénario par les frères Wachowski (Matrix) et a relancé un deuxième tournage sous la direction de James McTeigue (V Pour Vendetta), n’étant pas satisfaite des premiers rushs proposés par le réalisateur Oliver Hirschbiegel (La Chute), remplacé pour l’occasion.
Qu’y avait-il dans la première version du cinéaste allemand qui a tant déplu le studio ? Peut-être justement une touche perso d’Hirschbiegel qui aurait pu donner tout son intérêt au film ! Du coup, ne sont offerts aux spectateurs que des images froides et impersonnelles, une cadence inconvenante, de l’action à la Die Hard et des scènes d’émotion précipitées. Sans parler du jeu des acteurs, simplement égaux à eux-mêmes, Kidman accaparant quasiment tout le film sans fournir le moindre effort supplémentaire. Le tout pour un film regardable, terriblement décevant.
Subséquemment, pendant tout le film, on sent une tentative ridicule de vouloir à tout prix placer l’action dans le contexte géopolitique actuel. Alors on mélange Darfour, Irak et Katrina dans des monologues rabâchés et consensuels. La morale semble presque improbable de la part de celui qui a réalisé La Chute. Avec l’invasion vient la paix : les Sunnites et les Chiites se réconcilient, la crise au Darfour est résolue, le terrorisme disparaît. Bref, l’invasion, qui nous retire notre humanité, apporte la sérénité et la sécurité et nous donne une volonté uniforme et commune. Donc ce qui définirait l’humanité, c’est la guerre et la violence. En plus d’être intransigeante et limite réac, cette morale plombe le film. En leur faisant apporter quelque chose de bon aux hommes, toute la peur et l’angoisse des envahisseurs sont du coup complètement annihilées. Et le film entier l’est donc aussi.
Et à vouloir trop éblouir, les scènes censées nous couper le souffle sont bâclées et frisent parfois le ridicule. Pas étonnant que le public rit quand la mère demande à son fils qui ne doit pas avoir plus de 7 ans, de lui planter une seringue d’adrénaline dans le cœur si elle s’endort. Les spectateurs ne peuvent contenir leur consternation à la fin du film. Comment peut-on oser avec tant d’assurance soumettre une fin pareille ? Sans aucune transition, comme par paresse, on arrive plusieurs mois après l’action, avec des explications évasives qui permettent de se sortir le plus vite possible de la situation, de se tirer le plus vite de là.
Lorraine Creaser
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