Les promesses de l ombre

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Date de sortie : 15 mai 2008
Support : DVD
Genre : Dramatique
Réalisateur : David Cronenberg
Acteur(s) : Naomi Watts, Viggo Mortensen et Vincent Cassel
Synopsis : Bouleversée par la mort d’une jeune fille qu’elle aidait à accoucher, Anna (Naomi Watts) tente de retrouver la famille du nouveau-né en s’aidant du journal intime de la disparue, écrit en russe. En remontant la piste de l’ouvrage qu’elle tente de faire décrypter, la sage-femme rencontre Semyon (Armin Mueller-stahl). Elle ignore que ce paisible propriétaire du luxueux restaurant Trans-Siberian est en fait un redoutable chef de gang et que le document qu’elle possède va lui attirer de sérieux problèmes...
Pour Nikolaï (Viggo Mortensen), chauffeur et homme de main de la toute-puissante famille criminelle de l’Est, c’est le début d’une remise en cause. Entre Semyonet son fils Kirill (Vincent Cassel), prêts à tout pour récupérer le journal, et l’innocente Anna, sa loyauté va être mise à rude épreuve. Autour d’un document qui se révèle de plus en plus explosif, plusieurs vies sont en jeu, dont la sienne, alors que se déchaînent les meurtres et les trahisons dans la famille comme dans la ville...
Critiques : Un film mafieux de famille
Qui, mieux que Scorsese, a su associer pègre et cinéma ? Ces familles d’Italo nerveux, un flingue sous le plat de tagliatelles, à fumer du barreau de chaise et tirer la joue au « petit ». Sauf qu’ici, rien à voir : déjà, la mafia russe a remplacé les ritals. On le sait, les Pays de l’Est sont la région croquemitaine du moment. Comme si, depuis la fin de la Guerre Froide, les affreux cocos se répandaient comme un poison dans les veines de l’Occident. Une famille plus atomisée donc, moins friendly, sans foi ni morale, avec une faim de loup des steppes.
Ensuite, Cronenberg, ce n’est pas Scorsese : moins de rondeurs lyriques, mais de l’organique, du disséqué, de la chair nue. Le bébé du film, que l’on ne voit qu’à la fin, est ce lien ombilical, ce cordon, qui relie dans le sang et les (mauvaises) humeurs tous les personnages, bons ou mauvais. Il est le fruit du péché, du vice (du viol), donc de la honte, et pourtant un peu divin enfant (né à Noël comme par hasard). Il force la collision entre deux mondes : celui, mainstream et banal comme une blonde, incarné par Naomi Watts, et celui des criminels, rouges déviants, qui cache leur barbarie derrière un air matois de façade (sublime Armin Mueller-stahl).
C’est avant tout un film sur la notion de ce qui est juste, ne l’est pas, ou ne semble pas l’être. Il fait s’affronter la morale dictée par le devoir (le comportement de Nikolaï / Viggo Mortensen) et l’éthique, guidée par l’amour et le ressentiment (Naomi Watts en pasionaria de la cause orpheline). Un tic-tac qui offre une alternance de scènes rituelles (les tatouages du clan Vori V’Zakone, comme des « Signes d’identité » pour reprendre le titre d’un livre de David Lebreton), et d’élans généreux et bons.
Le film se resserre autour de 4 ou 5 personnages, ce qui, par effet de loupe, permet de mieux juger du talent des acteurs. Notamment des deux « frères » ennemis : Viggo Mortensen, avec son visage en triangle, froid comme un SS, à éteindre sa clope sur sa langue pour faire plus méchant, mélange bien la force et l’ironie ; Vincent Cassel, en pitbull fou et arrosé de vodka ne nuance rien et c’est très bien comme ça.
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