Faut que ca danse
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Date de sortie : 15 mai 2008
Support : DVD
Genre : Comédie
Réalisateur : Noémie Lvovsky
Acteur(s) : Jean-pierre Marielle, Sabine Azema, Valeria Bruni-tedeschi, Arié Elmaleh, Bulle Ogier...
Synopsis : Dans la famille Bellinsky : il y a Salomon le père, 80 ans, débordant de vie. Il se bat pour ne pas être enterré trop vite, en cours de claquettes sous le haut de patronage de Fred Astaire et la recherche d’une compagne* La mère Geneviève, ne rêve que d’une chose : poursuivre tranquillement son infantilisation auprès de son aide ménager, protecteur et ange gardien, Mr Mootoousamy. (Et) Sarah, la fille qui vit avec François, a bien du mal à trouver sa place entre son père qu’elle idolâtre mais qui l’agace, et sa mère qu’elle ne comprend plus. Elle apprend qu’elle est enceinte et doit prendre la responsabilité de construire une famille...
Critiques : Quand le doux-amer, par annulation des goûts, finit par manquer de saveur…
L’idée de départ est appétissante : un vieux ne sait pas qu’il est vieux. Survivant des rafles, réchappé de la déportation, Salomon a tellement dû développer tôt les bons réflexes de survie, qu’à bientôt 80 balais, il se croit blindé, immortel. C’est le monde extérieur, les femmes, le toubib, la Sécurité Sociale, qui vont le ramener à raison. Ouf.
Comment imaginer mieux que Jean-pierre Marielle, pour le rôle ? En vieux matou qui en a vu d’autres, il promène sa nonchalance smart, claquette sur des vieux Fred Astaire, alterne si bien la grognerie et les numéros de charme. De ces acteurs made in France (Noiret, Serrault, ou même Jacky Berroyer) qui reposent - on sait qu’avec eux, il n’y aura pas plantage - le texte se déroulera aussi facilement qu’une peau de banane.
Oui mais non. Faut que ça danse ! se prend les pieds dedans. Il y a le ton d’abord : doux-amer, coupage bâtard, comme si sa réalisatrice Noémie Lvovsky hésitait à faire rire ou grincer des dents. Alternant séquences burlesques (le faux suicide de Sabine Azéma dans sa baignoire, poignets mal tranchés) et passages gores et lourds de sens (le rêve de Hitler, égorgé par Marielle). On assiste alors sans plaisir au spectacle, passant du too much au pas assez, avec une maladresse adolescente.
Dommage. Ça fait beaucoup de bons comédiens (Azéma est épatante), et une chouette musique jazz (Archie Shepp) au service d’une comédie baudruche. Et certains passages loufoques, tel ce médecin à tête de Nosferatu menaçant Marielle d’un cancer de la prostate, apportent la folie douce qui manque souvent au cinéma français. Sauf qu’ici, prisonnière de trop d’hésitations, l’excentricité semble enfermée dans des costumes riquiqui.
Gaël Le Bellego
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