Chambre des morts

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Date de sortie : 15 mai 2008
Support : DVD
Genre : Thriller
Réalisateur : Alfred Lot
Acteur(s) : Mélanie Laurent, Gilles Lellouche, Eric Caravaca...
Synopsis : En pleine nuit, au milieu d'un champ d'éoliennes, deux informaticiens au chômage renversent un homme surgi de nulle part. A ses côtés, un sac rempli de billets : deux millions d'euros, là, à portée de main et aucun témoin. Que faire ? Appeler la police ou profiter de l'occasion ?
Le lendemain, dans un entrepôt à quelques mètres des lieux de l'accident, la police retrouve le corps de Mélodie, une fillette aveugle. Et si l'argent était destiné à payer sa rançon ? L'assassin a-t-il vu les chauffards ?
Le soir même, une autre enfant est kidnappée. Diabétique cette fois. Ses heures sont comptées. A l'hôtel de police de Dunkerque, le compte à rebours est lancé. Aux côtés du lieutenant Moreno, un collègue très prévenant, Lucie, une jeune brigadier de 26 ans, participe à sa première enquête.
Et curieusement, au sein du groupe crime, on a vite le sentiment que Lucie n’est pas là par hasard…
Critiques : Un Silence des Agneaux, sauce française
Dans le rôle de la profileuse, Mélanie Laurent. L’air crâne, une volonté monstre et un peu garçonne, elle est une fliquette junior qui en veut et va en avoir. À peine affectée à la PJ de Dunkerque, la voilà affronter du fait divers dégueu, à prises multiples : une jeune aveugle vient d’être tuée selon un drôle de rituel (assise, brossée et habillée comme une poupée, le sourire figé), tandis que son père, apportant la rançon, a été buté par une voiture en fuite et porté disparu. Une double enquête, menée à fond la caisse, qui croise les fils pour mieux les embrouiller.
À l’origine : un polar de Franck Thilliez (dont le dernier volume, « La Mémoire fantôme » est sorti cet été). L’auteur, ex-ingénieur informatique chez Arcelor, avoue sa fascination pour la police scientifique, thème en vogue dans les séries US, des « Experts » à « R.I.S. » ou « Profiler ». Le film ne doit pas le décevoir. On trouve ici la nervosité du thriller et le malsain du film de maniaque.
Dès la séquence d’intro, caméra à hauteur d’enfant et boîte à musique, on voit, entend et pense à Dario Argento et son giallo « Profondo Rosso ». La caméra épaule donne ensuite le cracra nécessaire pour donner au tout un faux air de reportage. On peut reprocher au film d’appuyer parfois trop : un ralenti ici, des seconds rôles qui en font des valises (l’éleveur de loups et le taxidermiste, notamment), là. Mais le polar est un genre popu, mal dégrossi, qui tire aussi son énergie de l’invraisemblable et du foutraque.
Et l’essentiel est là : sans pinaillage, on se laisse prendre. Et désarçonner, quand le réalisateur - aux 2/3 du film - décide de révéler le visage de l’assassin, pour mieux entrechoquer les psychologies du chat et de la souris. Le final archi baroque, dans un décor tout en couloirs et en cryptes, récompense deux heures à se ronger les ongles.
Gaël Le Bellego
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