La clef
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Date de sortie : 19 juin 2008
Support : DVD
Genre : Policier
Réalisateur : Guillaume Nicloux
Acteur(s) : Guillaume Canet, Marie Gillain, Vanessa Paradis, Josiane Balasko
Synopsis : Depuis peu, Eric Vincent, trentenaire sans histoire, a un fort sentiment de malaise. Est-ce la peur d'avoir un enfant ou celle de voir brutalement ressurgir le fantôme d'un père qu'il n'a jamais connu ?
Un matin, un inconnu l'appelle pour lui proposer de récupérer les cendres de son père. D'abord réticent, il finit par accepter et se retrouve alors plongé au coeur d'une machination infernale...
Critiques : Sans doute l’un des meilleurs polars de cette fin d’année
Après l’accueil mitigé réservé à sa précédente réalisation, en 2006, le discutable film Le Concile De Pierre, Guillaume Nicloux reprend les ingrédients qui avaient fait le succès de ses deux meilleurs opus, Une Affaire Privee et Cette Femme-là.
On retrouve, en effet, au sein de cette intrigue à clefs, les particularités du travail du réalisateur, ce qu’il conviendrait d’appeler « la pâte Nicloux ».
Filmé caméra à l’épaule, La Clef saisira tout d’abord son publique par un fort pouvoir de ressenti. Comme dans les deux longs-métrages pré-cités, le spectateur est véritablement happé par un certain malaise ambiant miroir du mal-être vécu par le personnage principal, Eric Vincent
C’est donc à travers le filtre d’une sorte de noirceur et de paysages embrumés, souvent à la limite du glauque, que l’on voit évoluer ce héros dans sa recherche de plénitude et son désir de connaissance de ses origines. Le spectateur est en effet directement plongé dans ses aventures, comme acteur également de ses propres rencontres et de son immersion brutale dans ce monde de truands bien loin de sa petite vie de banlieusard tranquille.
Mais au-delà de cela, La Clef trouve sans aucun doute son succès dans l’extrême attention accordée au scénario.
A travers plusieurs époques relatées en simultanée et différentes intrigues personnelles aux multiples personnages de ce film noir, Nicloux tisse la toile d’une réflexion sur l’identité et la filiation. Qu’il s’agisse, bien évidemment, d’Eric Vincent et de sa quête pour découvrir qui était son père, du personnage d’Audrey et de son désir d’être mère, ou encore de Cécile et de sa perte de repères : chacun d’entre eux se trouve à la croisée des chemins, au moment crucial où l’on doit savoir d’où l’on vient pour pouvoir être qui l’on veut.
Et c’est donc à la manière du chef d’orchestre que Nicloux met en musique les errances de toutes ces identités et de toutes ces interrogations pour rendre une partition à la fois harmonieuse et sans fausses notes.
Bien sûr, la réussite de La Clef doit beaucoup, également, au jeu de ses acteurs et surtout à la performance du toujours impeccable Guillaume Canet.
Nathalie Couturier
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