La face cachée

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Date de sortie : 26 juin 2008
Support : DVD
Genre : Dramatique
Réalisateur : Bernard Campan
Acteur(s) : Bernard Campan, Karin Viard, Jean-hugues Anglade
Synopsis : Après des années de vie commune François et Isa vont enfin se rencontrer...
“ La face cachée, C’est la face cachée des choses, Tout ce qui sous-tend la vie et qui n’apparaît pas. Tout ce que l’on ne voit pas et qui constitue pourtant l’essence des choses. C’est ce que l’on ne peut pas voir. C’est le déni, le refus du réel... C’est la face cachée de l’autre. L’autre que l’on ne connaîtra jamais vraiment. L’autre qui nous échappera toujours partiellement. ” Bernard Campan
Critiques : Psychanalyse de couple…
On avait déjà découvert la face cachée de Bernard Campan dans Se Souvenir Des Belles Choses de Zabou Breitman, très éloignée de son personnage d'amuseur des Inconnus. Cette fois, l'acteur révèle son visage de cinéaste, à travers cette première réalisation toute en demi-teintes. François et Isabelle forment un couple ordinaire, mais en train de se fêler peu à peu. Lui se pose des questions sans réponses, il a l'impression de ne pas saisir le sens de sa vie. Elle se dérobe, sans cesse fuyante et sur la défensive. Quelque chose ne tourne pas rond, mais quoi ? Leur histoire leur échappe comme elle nous intrigue.
La face cachée, c'est par définition celle que l'on ne voit pas, qui reste dans l'obscurité. Mais qui est présente quand même, quelque part dans l'ombre floue des apparences. Il suffirait que l'on braque la lumière sur elle pour qu'elle se révèle, éclatante de vérité. Mais Bernard Campan préfère attendre, retarder l'évidence. Et ne filmer que l'envers de l'invisible. Isa a-t-elle un amant ? Beaucoup de détails le laissent croire. Son mari lui-même en vient à la soupçonner. Mais ce serait un peu facile... Voire décevant.
Le film est bien plus profond : il essaime les indices sans les dévoiler vraiment, tant et si bien que l'épilogue est une vraie surprise. On se gardera d'en dire davantage. Isa dissimule un secret qui la rend nerveuse, absente, imprévisible, et qu'elle ne veut surtout pas qu'on découvre. François, lui, encaisse les chocs, subit les contrecoups, plaque des accords dissonants sur son piano, à moins qu'il n'ait provoqué tout cela, par maladresse, par inconscience, par manque d'attention. Quoi qu'il en soit, sa femme n'est pas tout à fait celle qu'il imagine.
Apprendre à connaître un être proche, dont on ignore le mal-être, tel est l'enjeu de l'intrigue. Karin Viard compose un personnage qui se sent constamment pris en faute, sur la brèche, tout en fragilité et en intériorité, assez différent de ses rôles habituels, et l'exercice lui réussit plutôt bien. Quant à Bernard Campan, il est aussi convaincant devant que derrière la caméra, et laisse apparaître un homme sensible avant tout, capable de se mettre à nu avec pudeur. Un plus un n'est pas forcément égal à deux : cette minutieuse psychanalyse du couple le prouve !
Laurence Berger
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