Irina palm
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Date de sortie : 3 juin 2008
Support : DVD
Genre : Dramatique
Réalisateur : Sam Garbarski
Acteur(s) : Marianne Faithfull, Miki Manojlovic, Kevin Bishop
Synopsis : Maggie, une veuve de 50 ans, cherche désespérément de l’argent pour payer un ultime traitement à son petit-fils mourant. Après une énième tentative infructueuse, Maggie erre dans les rues de Soho à Londres. Elle s’arrête devant le “Sexy World” où une affiche indique : “Cherchons hôtesse”. Trop désespérée et perdue pour se rendre compte de ce qu’elle fait, elle entre.
Miki, le patron, n'en croit pas ses yeux mais intrigué par Maggie et amusé par la situation, il lui propose un job. Sous le pseudonyme d’Irina Palm, Maggie s’applique pour ne pas perdre son job.
Critiques : Un film doux-amer porté par une actrice au sommet de son art
Imaginez que votre mamie, qui vous prépare des tartines confiturées à tremper dans un bon chocolat chaud fait maison, se transforme la nuit en hôtesse. En l'occurrence, "hôtesse" est un euphémisme, comme le souligne le patron du "Sexy World". Traduction : Mamie Maggie fait la "pute". Pourquoi ? Parce que son petit-fils est mourant, et que le seul moyen de le sauver est de l'envoyer en Australie, et pour ça, il faut de l'argent... par tous les moyens.
Sam Garbarski s'était déjà fait remarqué il y a quatre ans avec son brillant Tango des Rashevski, et revient aujourd'hui avec une oeuvre radicalement différente : Irina Palm, chronique d'une septuagénaire qui redécouvre les plaisirs charnels. Mais ici, pas de vulgarité, pas de peinture sociale facile du monde du sexe et du business, du sexe lié au business : le film de Garbarski brille avant tout par son humilité, sa simplicité, sa douceur. On regrette presque qu'il y ait un scénario tant celui-ci, par son pathos un peu trop présent, alourdie le déroulement du film : voir cette grand-mère pudibonde, catholique jusqu'au bout des doigts (et quels doigts !) s'aventurer dans cet univers sombre (mais jamais sordide) réussit le tour de force d'être subtilement drôle, tendrement cynique, délicatement émouvant. Et la voir habiter ce monde, a priori infâme, de ses valeurs et de sa candeur offre un décalage des plus savoureux.
Menant de front un tel panel d'émotions et de personnages hauts en couleur, Irina Palm touche en plein dans le mille. Là où beaucoup de réalisateurs auraient pu se contenter de cadrer platement la situation tragicomique, comptant sur le talent des acteurs et l'émotion des échanges, Sam Garbarski offre une esthétique des plus soignées, aux contrastes puissants, à la musique lancinante et aux couleurs vives. La multiplication des courtes et drôlatiques séquences distille un doux équilibre entre rire et émotion. Maggie, qui a pour nom de scène Irina Palm, est interprétée par une Marianne Faithfull brillante de sensibilité : injustement boudée par le cinéma depuis trop longtemps, l'actrice britannique prouve qu'elle est définitivement une grande comédienne. Sans elle, le film perdrait beaucoup de sa justesse et de sa force.
Bartholomé Girard
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