Je suis un cyborg
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Date de sortie : 3 juillet 2008
Support : DVD
Genre : Comédie dramatique
Réalisateur : Park Chan-wook
Acteur(s) : Choi Hee-jin et Lim Soo Jung
Synopsis : Internée, Young-goon est persuadée d’être un cyborg. Elle refuse de s’alimenter préférant sucer des piles et parler aux distributeurs automatiques. Il-soon pense que tout va bien ! Grâce à son pouvoir qui lui permet de s'approprier la personnalité des gens qu’il observe, il est le seul à la comprendre. En tombant fou amoureux d’elle, il va tenter de la ramener à la réalité...
Critiques : Un film fou !
Filmer la folie en réalisant un film fou… Qui d'autre que le fantasque Park Chan-wook aurait pu y penser ? Exit les scènes de boucherie coréenne auxquelles il nous avait habitués (Old Boy, Sympathy For Mr Vengeance). Cette fois, c'est au quarantième degré qu'il faut prendre sa nouvelle trouvaille, complètement loufoque et un brin surréaliste. Mais d'abord, qu'est-ce qu'un cyborg ? Mot d'origine anglaise, contraction de « cybernetic organism » (organisme cybernétique), c'est une sorte de robot humanoïde, concept inventé par la moderne science-fiction. Peut-être une métaphore de ce que nous sommes en train de devenir ?
Vu autrement, Je suis un cyborg est une histoire d'amour en hôpital psychiatrique. Young-goon, drôle de brune hallucinée, vient d'être internée pour comportement névropathe : persuadée d'être une machine, elle s'alimente en suçant des piles électriques, et communique, la nuit, avec le distributeur à café. Il-soon, autre patient, est fou d'elle, et tout aussi fou qu'elle : il arbore un masque de lapin bleu et se déplace à quatre pattes dans les couloirs de l'hôpital. Lui a un autre pouvoir : celui de voler l'âme des gens qu'il observe. C'est ce qu'il va faire avec Young-goon, tentant de la faire redevenir femme…
Park Chan-wook enchaîne ainsi des saynètes psychédéliques, plus kitsch et improbables les unes que les autres. Non sans humour. Mais pour en venir où, au juste ? L'amour est une folie, soit. Ou peut-être notre dernier rempart dans ce monde déshumanisé. Le cinéaste s'est probablement beaucoup amusé à tourner cette comédie délurée, débordante d'inventions visuelles et scénaristiques. Comme si la caméra s'était mise en position de sommeil paradoxal et qu'on assistait à la fabrication d'un rêve. Absurde et sans logique.
En somme, il ne faut pas chercher trop loin le sens profond de ce bric à brac, façon ready made. C'est du happening, une fantaisie frappadingue, un ovni de cinéma, auquel on peut se laisser prendre… Ou pas !
Laurence Berger
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