Innocents the dreamers
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Date de sortie : 1 août 2008
Support : DVD
Genre : Les reprises
Réalisateur : Bernardo Bertolucci
Acteur(s) : Michael Pitt, Eva Green, Louis Garrel
Synopsis : Isabelle et son frère Théo, restés seuls à Paris pendant les vacances de leurs parents, invitent chez eux Matthew, un étudiant américain. Dans cet appartement où ils sont livrés à eux-mêmes, ils vont fixer les règles d’un jeu qui les amènera à explorer leur identité émotionnelle et sexuelle. Au fil des heures, la partie s’intensifie, les sens et les esprits s’exacerbent.
Avec pour toile de fond la France déchirée de Mai 68, reflet d’une jeunesse dont la voix résonne dans toute l’Europe, Innoncents est un voyage initiatique : celui de trois adolescents testant leurs propres limites pour enfin se trouver.
Critiques : Ça commence devant la cinémathèque française, à Paris, avec la musique des 400 Coups, ça continue par Henri Langlois et Jean-pierre Léaud, puis des extraits d’A Bout De Souffle et de Bande A Part de Godard, et ça se termine par une discussion emballée sur les mérites partagés de Buster Keaton et de Charlie Chaplin…
Bertolucci utilise ses Innocents pour nous transmettre une vibrante et sincère déclaration d’amour au cinéma, français et américain, et à ce Paris des années soixante tellement lié à cet art, véritable vivier de talents en pleine éclosion, ruche fourmillante et active qu’il a lui-même connu, passionnément, intensément. Il truffe ainsi son œuvre de clins d’œil et de références cinématographiques, à commencer par ses personnages, dont la sulfureuse Isabelle (interprétée par la magnifique Eva Green) est une véritable héroïne à la Lauren Bacall, avec son chapeau et ses allures de femme fatale dissimulant une femme enfant, et ses deux acolytes, Théo (Louis Garrel ténébreux et manipulateur à souhait) et Matthew, (Michael Pitt en bon américain débarqué à Paris), tous deux dévorés par la passion du cinéma, au point qu’ils en font leur art de vivre. Tel un jeu, une surenchère s’instaure alors entre les trois jeunes gens, les poussant à mêler la réalité et la fiction, le concret et l’imaginaire, leur quotidien s’imbriquant sans cesse dans les films et inversement.
Vivant en huis clos, le trio n’a besoin de rien ni de personne, assez nourri par la culture musicale (Janis Joplin, Jimi Hendrix, Eric Clapton, …) et le cinéma de son époque, imbibé de ces années 60, de cette année 68 en particulier, qui sent le souffre et la révolte, et parlera différemment à chacun, suscitant peut-être la seule et vraie déchirure entre les trois protagonistes. Car si les émeutes marqueront la réunion du frère et de la sœur, qui se retrouveront après l’expérience, Matthew, l’américain, se verra éloigné du groupe. Chacun sortira différent de cette expérience, enrichissante sans doute, inoubliable à coup sûr.
Sarah Beaufol
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